Appartenant à une démocratie parlementaire et à une république fédérale, son pays compte un milliard d’habitants, il se sent, comme tous ces
indiens, appartenir à la plus grande démocratie du monde. Ansh, de mère indienne et d’un père français, vit dans la plus grande ville indienne, Mumbai, autrement appelée Bombay. Il travaille pour
le journal Hindustan Times depuis près de six ans.
Ansh a fait des études de journalisme à l’université de New Delhi après avoir obtenu son baccalauréat scientifique. Depuis tout jeune, il prend
plaisir à suivre l’actualité et à créer ses propres articles. Il n’en a jamais publié jusqu’au jour où il a obtenu son doctorat de journalisme. Son université détient une très bonne réputation,
elle est classée parmi les meilleures dans toute l’Inde. Les rédacteurs en chef viennent chercher les futurs protégés. Et le dix-sept juillet 2000, il fut recruté par l’Hindustan Times.
Ansh a toujours été quelqu’un de sérieux, très motivé, passionné et doté d’une très bonne détermination. Il a reçu une éducation stricte mais
utile pour son développement.
A peine couché depuis trois heures, le réveil sonne. Il est six heures du matin. Comme à son habitude, il éteint le réveil, allume sa lampe de
chevet en la frôlant, regarde son réveil pour vérifier s’il est l’heure. Et oui, malheureusement, fatigué ou pas, il faut se lever, le travail l’oblige. Il s’étire tout en douceur, se frotte les
yeux, met les pieds dans ses nouveaux chaussons achetés la veille, enfile sa robe de chambre en soie et marche en direction de la porte fenêtre. Il appuie sur l’interrupteur automatique pour
l’ouverture des volets de l’appartement. Il aperçoit le lever du soleil brûlant dès le matin. La journée s’annonce chaude mais belle. Se frottant les yeux pour la deuxième fois, il retourna en
direction de sa table de chevet pour éteindre la lumière.
Son lieu d’habitation était assez volumineux, il avait un duplex qui regorgeait de couleurs, un intérieur design avec la toute dernière
technologie. Les portes avaient un détecteur pour l’ouverture automatique et étaient faites d’un verre transparent. Tout comme l’intérieur, la chambre avait ses automatismes. Une fois levé, il
n’avait qu’à presser le bouton à la droite du lit pour qu’il se fasse tout seul. Quand le lit était en place, ce sont les robots aspirateurs qui commencent à nettoyer la chambre.
Vérifiant que tout s’était mis en route, Ansh alla en direction de la cuisine pour prendre son petit déjeuner. Il demanda au réfrigérateur de
lui servir un jus d’orange ainsi qu’un verre de lait. En récupérant les verres quinze secondes après sa requête, il toucha l’écran tactile qui dirige toute la cuisine. Il commanda son
repas : bacon, pain grillé avec de la confiture de coing, banane et un bol de céréales. De suite après, les robots se mirent en marche et préparèrent son déjeuner. Même pas deux minutes et
son petit déjeuner est prêt. Il était satisfait de tout ce fonctionnement, il ne perdait pas de temps ainsi et pouvait être à l’heure pour son travail.
Après avoir avalé toute cette nourriture, il se dirigea dans la salle de bain, actionna l’eau au réglage automatique, se déshabilla, puis pris
sa douche.
Ce moment là, il l’aimait énormément, il savourait la sensation de bien-être, sans stress, sans bruit, l’eau qui coulait le long de son corps,
créant des petites rivières le long de son torse musclé et qui se faufilaient par la suite entre les poils fins et noirs de ses jambes. Cela durait quinze minutes, pas plus. Il devait ensuite
s’habiller et passer dans le sas des parfums pour être parfumé.
Sentant bon, bien habillé comme à son habitude, il pris son ordinateur portable, sa mallette, qui contenait tous ses dossiers, la carte de sa
voiture et son passe pour la fermeture du duplex. Avoir l’avoir inséré, les robots s’actionnèrent et nettoyèrent l’appartement. Il pressa le bouton de l’ascenseur, monta à l’intérieur pour
arriver au rez-de-chaussée. Pendant sa descendante, il prenait le temps d’observer la ville au travers des vitres, elle commençait à s’activer, les embouteillages faisaient déjà partis du décor
et le soleil illuminait déjà la plupart de la ville.
Arrivé à destination, les portes s’ouvrirent, il croisa un voisin de pallier qui venait de promener son chien, le salua en lui souhaitant une
bonne journée. Il monta dans la voiture à biocarburant, et se dirigea en direction de son travail.
Ansh connaissait déjà la journée qui l’attendait. Il avait une réunion pour le résultat des chiffres du mois, il devait également rencontrer
une célébrité du cinéma bollywoodien et avait un dîner avec son directeur d’agence, Mr Avinash, pour un nouveau poste à l’étranger.
A l’agence, il commençait par poser sa main sur un écran tactile pour l’autorisation d’accès aux locaux, salua toute l’équipe puis s’installa
dans son bureau. Il appela sa secrétaire pour obtenir son café et avoir un rapport de tous les appels et messages reçus en son absence.
- Bonjour monsieur, Mr Balraj a appelé, il veut vous voir pour un article dans notre journal, Shobhna a laissé un message pour vous remercier
de l’interview et de l’article que vous avez écrit à son sujet et Mr Avinash vous rappelle votre rendez-vous à vingt et une heure pour votre nouveau poste.
- Merci Sarika, dit-il de sa voix douce avec sa belle bouche qui semblait serrée, contractée par un effort de volonté.
Il alluma son ordinateur portable, consulta ses mails, posa ses pieds sur le bureau, pris son café de la main droite et un livre de la main
gauche. Il tournait les pages lentement, ses cheveux tombaient sur son front, sur ses beaux yeux marrons; sans s’arrêter dans sa lecture, il les rejetait en arrière par un mouvement de tête. Il
posa son café, puis positionna deux doigts droits sur son front et son pouce sur sa joue pour pouvoir se plonger pleinement dans sa lecture ; sa peau, douce et fragile encore comme celle
d’un enfant, rougissait et se marquait sous ses doigts fins. Il avait toujours cette position, si bien soignée, et l’air heureux quand il lisait un livre.
Il avait cette habitude en arrivant au travail : lire trente minutes pour se décontracter avant d’entamer une longue journée qui était
souvent remplie d’imprévus. Dans son bureau, il avait une bibliothèque de près de trois cent vingt livres dont certains datant du dix neuvième siècle jusqu’à
aujourd’hui. La plupart de ses collègues de travail ne comprenaient sa méthode, mais il n’y prêtait pas attention car chacun a ses manières, ses tics, et le principal était de rendre des bons
rapports pour la parution du magazine suivant ; peut importe si on perd trente minutes de lecture ou trente minutes pour boire un café.
Alors qu’il s’était bien imprégné dans son livre, Sarika vint l’interrompre.
-
Monsieur, vous avez un appel sur la ligne deux.
-
Merci, je le prends.
Il posa son livre, souffla et décrocha.
-
Bonjour Ansh Nasaraj, journaliste pour l’Hindustan Times, en qui ai-je l’honneur de recevoir cet appel matinal ?
-
Bonjour, c’est Shobhna, vous m’avez interviewé hier matin, et je voulais vous remercier pour votre article et votre sympathie.
-
Oh, mais de rien, je ne fais que mon travail. Je suis désolé mais je ne peux pas rester longtemps au téléphone, j’ai beaucoup de travail.
-
D’accord, alors je ne vais pas vous déranger plus que ça, je vous souhaite une bonne journée et merci encore ; au revoir.
Il raccrocha, soupira et s’adressa à Sarika.
-
Elle m’appelle pour me remercier, c’est la première fois que je vois ça depuis que je travaille ici. Je crois qu’elle ne sait pas que je ne fais pas partit de son bord sentimental.
Ils rigolèrent ensemble pendant cinq bonnes minutes puis le travail pris le dessus. La journée commençait, les imprévus s’enchaînaient. Ansh
n’eut même pas le temps de déjeuner à midi tellement le travail s’accumulait et devait être rendu pour dix-neuf heures. Jamais on ne lui a reproché d’être en retard dans ses dossiers, toujours
rendu en temps et en heure. Il n’a pas vu la journée passée qu’il était déjà vingt heures, il était dans de quitter le bureau. Il passa faire un « au revoir » à ses collègues, pris ses
affaires et monta dans l’ascenseur et descendit les quarante-sept étages pour attendre le sous-sol. Il monta dans sa voiture et fila en direction de l’appartement. Tout était parfait, les robots
avaient bien effectué leur travail. Il envoya un rapport à la société créatrice comme tous les soirs, puis pris une douche, s’habilla et s’en alla en direction du restaurant pour rejoindre son
directeur d’agence.
-
Bonsoir Ansh, comment allez-vous ?
-
Parfaitement bien et vous ?
-
On ne peut pas mieux faire. Comment va le travail ?
-
Tout est en ordre, nous avons rapidement et efficacement. Les ventes ont atteint nos meilleurs chiffres en début de semaine.
-
Bien. Alors je vous ai invité pour parler d’une offre d’emploi à l’étranger, j’espère que cette offre vous intéresse toujours ?
-
Oui bien sur, dit Ansh avec son joli sourire un peu stressé.
-
Parfait ! Le poste que je veux vous proposer se trouve en France. Je sais que vous êtes parfaitement trilingue et que vous détenez toutes les qualités nécessaires pour ce poste. Vous serez
en relation directe entre Paris, Londres et Mumbai. Vous aurez toutes les responsabilités de l’agence internationale et votre statut sera « directeur d’agence international pour le Hindustan
Times ». Toujours intéressé ?
-
Oui bien sur, je suis très impressionné par cette attention que vous me portez.
-
Ne soyez pas étonné Ansh ! Ce poste est le reflet de vos compétences. Bref, je continue la description de votre poste. Vous voyagerez souvent entre les trois pays, votre siège de base sera
la capitale française, vous avez un logement de fonction identique à celui que vous avez. En ce qui concerne le salaire, vous toucherez près de sept mille euros ainsi que des primes pour
l’atteinte des objectifs. Je ne peux pas être plus clair sur ce poste. Maintenant, je vous demande : voulez-vous ce poste ?
-
C'est-à-dire que….. je suis très heureux d’avoir cette offre, et je serai ravi de collaborer avec vous en tant que directeur d’agence international pour le Hindustan Times. Oui j’accepte avec
grand plaisir.
-
Parfait.
Mr Avinash pris sa mallette, saisit le nouveau contrat, le donna à Ansh qui le lit entièrement, pour être en connaissance de cause, et le signa
avec son nouveau stylo Mont Blanc.
Ils finirent leur dîner en parlant de ce nouveau poste, des responsabilités à venir, des déplacements, du détail du salaire et enfin de
l’appartement.